Visite technique de la Piscine de Basse-Terre en Guadeloupe

Janvier 2018

La presse écrite et télévisée, la radio étaient conviées lors d'un audit de la piscine - Sous la présidence de Lucette Michaud-Chevry

L'interview de 18h -  Radio-Caraïbes

A écouter à partir de la minute 17:55

Des vidéos prises lors du tournage du reportage de Guadeloupe Première.

Diffusé à partir de la minute 21.

 

BASSE-TERRE

La piscine de Rivière-des-Pères à la recherche de solutions

Yvor J. LAPINARD Lundi 22 janvier 2018
La piscine de Rivière-des-Pères à la recherche de solutions
Lucette Michaux-Chevry continue de s'appuyer sur l'expertise des techniciens pour trouver la meilleure formule afin de remplir à nouveau le grand bassin de huit couloirs. (YJL)
 

Fermée depuis plus de cinq mois, la réouverture de la plus grande piscine de Guadeloupe est au coeur des préoccupations. Les experts cherchent les stratégies à adopter.

Branle-bas de combat à la piscine intercommunale de Rivière-des-Pères. Lucette Michaux-Chevry, présidente de la communauté d'agglomération Grand Sud Caraïbe (CAGSC) - en charge de la gestion de cet équipement - s'est rendues sur place, entourée de quelques techniciens, dont des experts. Une visite à laquelle elle a bien pris soin d'inviter la presse afin de faire toute la lumière sur une situation qui fait couler beaucoup d'encre. Car cette piscine n'accueille plus ses utilisateurs depuis plus de cinq mois. Elle a été vidée, pour la simple raison qu'elle ne peut plus retenir l'eau. Lucette Michaux-Chevry est consciente des désagréments qu'une telle situation peut causer, mais elle se fie aux décisions des techniciens qui, de leurs côtés, paraissent bien désemparés.
RÉFLÉCHIR ENCORE UN PEU...
« Cette piscine a été mise à sec en raison de pertes d'eau importantes dues probablement à des microfissures » , constate Monique Bignoneau. De passage en Guadeloupe, cette experte et auditrice pour des structures aquatiques a été appelée à la rescousse par la CAGSC pour donner son avis sur la conduite à tenir dans ce genre de situation. « C'est une piscine dont la surface semble en bon état, bien entretenue et qui, en dépit de son âge relativement avancé, permet encore de garantir une offre sportive sur le territoire. Il faut tout faire pour la sauvegarder. »
David Yéyé, gérant de la société Piscine Antilles, sur place lui aussi pour avoir souvent assuré des travaux sur la structure, est du même avis. Pour lui, d'autres investigations doivent être menées afin de vérifier la composition du béton et la tenue de sol grâce à une étude géotechnique. Autrement dit, il faut des analyses complémentaires de façon à avoir un diagnostic plus précis.
« De l'eau chlorée qui circule dans une structure en béton risque d'endommager le ferraillage, admet M. Yéyé. Seul un ingénieur béton nous permettra de savoir ce qu'il convient de faire. » On saura alors s'il faut tout casser et reconstruire la piscine, ou simplement procéder à une réparation sans trop de difficultés. Il faudra compter un délai d'un mois pour connaître la marche à suivre, car des procédures sont à respecter.
L'enjeu ? Il se situe sur la qualité de la structure. Le fond et les parois du bassin doivent être considérés comme un tout. Si le fond est solide et permet de « poser » la totalité de la masse d'eau et si les parois tiennent, alors l'installation d'une membrane armée (comme le liner) suffira.
En revanche, si les parois sont attaquées, elles risquent de s'ouvrir en raison du ferraillage en mauvais état. Alors il faudra un habillage de type panneau inox, comme on le voit assez souvent pour les rénovations sur ce type de bassin. Monique Bignoneau pense qu'une fois que l'étanchéité de la structure permettra de garantir la bonne qualité de l'eau, ce sera reparti pour quelques dizaines d'années.
En attendant, l'idée est de réfléchir encore un peu et de choisir la solution qui semble la plus adaptée et la plus intéressante pour la CAGSC, et qui sera raisonnable sur les délais de réalisation des travaux. De façon à ce que les sportifs continuent à profiter de cet équipement.
Et la piscine en eau de mer ?
« On ne peut pas laisser nos jeunes sans activités de natation. C'est devenu une discipline obligatoire à l'école » , indique Lucette Michaux-Chevry. D'où cette idée qui consiste à installer une piscine en eau de mer, en attendant que les travaux de la piscine intercommunale soient terminés. Pourquoi pas sur le site de la rade de Basse-Terre, entre les quais cassés et le port, où il existe déjà une sorte de bassin naturel ? C'est ainsi que des demandes d'études de la qualité de l'eau ont été lancées par la CAGSC. Pour construire une telle structure, quelque 200000 euros seront indispensables. « Nous savons où nous allons trouver l'argent, avance la présidente de la CAGSC. Cela permettra à nos enfants de nager. La mer est un bassin naturel de natation. Poser une telle piscine - qui pourrait toujours servir plus tard - ne prend pas beaucoup de temps, tout le problème réside en la qualité de l'eau. » Si toutefois celle-ci n'était pas fiable, il faudra alors trouver un autre site.
ELLE A DIT Lucette Michaux-Chevry, présidente de Grand Sud Caraïbe : « Je ne suis pas politiquement folle »
« Nous avons fait faire toutes les études nécessaires. Il s'avère qu'elles ne sont pas complètes, il faut maintenant s'attaquer à la structure en béton. Nous travaillons avec sérieux et réflexion. On ne traite pas une piscine qui accueille du public avec légèreté. Il y a des mesures de précautions que nous devons prendre. Nous sommes pressés car l'an prochain, il y aura une manifestation internationale. Pensez-vous que je vais fermer cette piscine. Je ne suis pas politiquement folle.